Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La balade de Spritz

Allegro ma non presto

Beinv'nus à Jèrri

Publié le 29 Août 2022 par Anne-Catherine Deroux

Le magasin d’accastillage de Carteret propose bien l’aérateur de hublot qui nous conviendrait, mais il n’en a aucun de stock, il faut le commander. On pourrait l’obtenir dans quatre ou cinq jours. Zut alors, on part demain…

  -- Pas grave, me dit le capitaine, on a une boîte de madeleines.

  -- ??? Pour pleurer ?

Que nenni, ce serait mal connaître le bonhomme ! En deux temps trois mouvements, il transvase les biscuits dans un autre récipient, attrape une paire de ciseaux et entreprend de découper une forme plus ou moins ronde dans le fond de la boîte en plastique transparent. Un peu de colle extra-forte sur le pourtour et le tour est joué, nous avons de nouveau un hublot étanche ! Ce n’est pas spécialement très joli, ce n’est certainement pas orthodoxe, mais ça semble efficace, et ça tiendra bien jusqu’à notre retour.

Cette réparation faite, le formulaire de dédouanement pour le baillage de Jersey bien complété et envoyé par mail, nous pouvons enfin mettre le cap vers notre première île anglo-normande. La mer est ridée, le vent nul. Et qui dit pétole, dit… pétrole ! On allume le moteur. Je baisse le pavillon de courtoisie français pour le remplacer par l’anglais, tout en entonnant l’hymne. Ah ben non, tiens, c’est l’hymne l’américain, celui-là ! Appel à l’équipe : ça va comment déjà ? Ah oui ! En on reprend tous les deux en chœur : « Go-od save the queeen… ».

Lors de toutes nos navigations pépères, le capitaine a pris l’habitude de jeter sa ligne à l’eau. Et malheureusement pour nous, le poisson a aussi garder l’habitude de ne pas mordre. Quoique ? Tout d’un coup la canne se soulève d’un bond, au risque de passer par-dessus bord. Je suis juste à côté et je saute juste à temps pour la retenir. Alarmé (et excité), le capitaine accourt. Il se met à mouliner ferme. Pendant ce temps, je cours chercher le filet, riant, l’eau déjà à la bouche. Le capitaine tire toujours, j’attends, mon filet à bout de bras, ça vient, ça résiste, ça sort de l’eau… Le voilà enfin ce bon gros… paquet d’algues normandes ! Ô déception !

Mais pas le temps de s’apitoyer, car nous voici déjà en approche du chenal de Jersey. Ça fait un moment que nous apercevons l’archipel des Écréhou, ce tas de cailloux autant attirants que peu engageants, où l’on ne trouve que quelques maisons et où il est, paraît-il, fascinant de mouiller. Mais je me sens encore trop peu chevronnée pour tenter le coup. Il faut dire que cet archipel et les Anglo-Normandes en général sont jonchés de dangers réputés (roches éparses, courants violents…). Alors on se contentera de Saint-Hélier, la capitale. Pour une première visite, ce sera déjà pas mal.

On est trop tôt pour l’ouverture des portes, mais un ponton d’attente est à la disposition des plaisanciers, juste à l’entrée. Problème : des dizaines de bateaux s’y agglutinent déjà. On s’accroche à couple, pour se retrouver 6e de notre rangée. Et c’est un sacré foutoir : les bateaux bougent dans tous les sens, se cognent, se repositionnent tant bien que mal, et je ne suis pas la dernière à m’énerver. Quelle idée, aussi, d’arriver à Jersey la veille du weekend du 15 août ! Mais le jeune capitaine de port, depuis son petit hors-bord, joue le chef d’orchestre à la perfection. Et quand les portes s’ouvrent enfin, gare à celui qui outrepassera ses ordres d’entrée ! On attend bien sagement et notre tour vient. Une belle place en bout de ponton nous accueille pour notre séjour à Jersey.

Jersey est la plus grande des Anglo-Normandes, mais elle fait tout de même moins de 120 km2. En deux jours, nous nous concoctons un planning bien rentabilisé : petite découverte du centre-ville, visite à pied du Elisabeth Castle, juste à côté du port, tour de l’Est de l’île en vélo, le long de ses côtes (ardues !) et de ses champs de cannabis… on chôme rarement en vacances ! On a même le temps d’apprendre le jèrriais, la langue historique de l’île : « Bonônjour ! Seyiz les bienv’nus à l’marchi à paîsson ! Mèrcie bein des fais ! » Recalé l’anglais, la vraie langue internationale, c’est l’wallon !

Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Beinv'nus à Jèrri
Commenter cet article
D
Photos, magnifiques, Supers récits . Vous êtes formidables, vous pouvez continuez de nous régaler. Merci pour tout et gros bisous la marine !
Répondre